La Nature innée des Instruments dans la Tradition Bouddhiste Tibétaine. Principe de résonance.
Par Diane Mandle, Sonothérapeute franco-américaine et fondatrice du Tibetan Bowl Sound Healing School
« Dans la tradition bouddhiste tibétaine, nous travaillons avec l’interdépendance de toute chose et la nature innée des instruments. « … » ils nous ramènent de manière empirique à notre mémoire viscérale de complétude. Dans quelle mesure est-ce si important ? Lorsque quelqu’un concentre toute son attention sur un problème ou une maladie, travailler avec les instruments aide la personne à se recentrer sur l’intégralité de son être. Pouvoir entrer en relation avec la perfection qui nous définit au plus profond, plutôt que de s’identifier à la souffrance de son corps, est d’un secours capital !
Les instruments nous recentrent.
Pensons à la métaphore de la colonne vertébrale et imaginons une vertèbre sortie de son alignement. Quelles seront les conséquences, combien d’organes seront affectés ? Le corps émotionnel en éprouvera un malaise. Les muscles se raidiront, et les nerfs s’en trouveront affaiblis. Une inflammation se développera. Ainsi, les effets d’une seule vertèbre sortie de son axe seront ressentis à maints niveaux. Mais qu’adviendra-t-il de tous les maux périphériques si l’on replace la vertèbre dans l’alignement originel ? C’est ainsi que je conçois les instruments. Manipulés correctement, ils vont créer un alignement énergétique qui se manifestera à tous les niveaux, physique, mental, émotionnel et spirituel. Il est fondamental de toujours garder le contexte général à l’esprit. D’un point de vue purement physique, lorsqu’on joue correctement des instruments, on rééquilibre les hémisphères droit et gauche du cerveau, on régule la pression artérielle, on crée une synchronicité cardio-respiratoire, et tous les systèmes s’harmonisent entre eux. Cela crée un environnement propice à la guérison, quel que soit le problème initial qui avait engendré un dérèglement.
Les soins par le son utilisent le phénomène de résonance sympathique.
La science nous dit que toute vie est énergie. Cette énergie est éternelle, et change de forme en permanence. Chaque « forme d’énergie » possède son propre modèle de fréquences ou modèle vibratoire. Lorsqu’une forme d’énergie rencontre la fréquence compatible d’une note de musique, elle va vibrer en affinité avec la note. C’est la résonance sympathique.
Une puissante vibration sonore peut même permettre à une forme de se restructurer, comme cela a été montré avec les cellules cancéreuses par le travail de Fabien Maman (Le Tao du Son) et les cristaux d’eau par Masaru Emoto. Dans son livre, Les Messages cachés
de l’eau, le docteur et chercheur Masaru Emoto montre des photos de cristaux d’eau formés par la vibration de pensées conscientes. Sachant que notre corps est principalement composé d’eau, nous pouvons de la même manière restructurer tout notre système à l’aide de vibrations sonores. Des chanteurs d’opéra ont brisé des verres de cristal en créant et intensifiant des ondes de fréquences compatibles entre elles. Il s’agit des effets restructurant du phénomène de résonance sympathique.
Observons les tingshas (petites cymbales tibétaines). Ces deux pièces métalliques reliées par une lanière de cuir n’évoquent-elles pas de petites soucoupes volantes ? D’une certaine manière elles suggèrent le voyage spatial, comme vous vous en rendrez bientôt compte ! Dans les Himalayas, les tingshas sont utilisés de manière variée lors des rituels et cérémonies. Ils sont constitués d’un alliage sacré de douze métaux extrêmement solides. Ne craignez donc pas de les frapper, sans omettre cependant de les manier avec subtilité. Leurs tailles varient, ils sont souvent décorés de symboles à l’intérieur et à l’extérieur, et chacun possède une texture sonore bien distincte. Les tinghas neutres à l’extérieur - sont utilisés par le praticien de soins, les autres dans un temple. Les mantras inscrits à l’intérieur des tingshas représentent les « Trois Joyaux » du bouddhisme tibétain. Ce sont les trois énergies qui sont réveillées en nous lorsqu’on frappe les tingshas :
le Sangha, qui représente un groupe de gens rassemblé en général dans un but spirituel (chakra couronne), la Vérité (chakra de la gorge), et la Compassion (chakra du cœur). Dans les soins vibratoires, les tingshas sont utilisés — pour purifier un espace avant et après un soin ; — pour signaler la mise en route d’un soin ; — comme instrument de diagnostic pour localiser les blocages ou les déficiences énergétiques dans le corps du client.
Le ghanta, ou la cloche (dril-bu), est considérée comme le symbole universel de la sagesse ou comme une énergie féminine.
C’est pourquoi il est toujours tenu dans la main gauche, le côté féminin, le côté qui reçoit. L’énergie de sagesse féminine est déplacée en faisant claquer ou chanter la cloche pour transformer l’énergie de façon puissante et aimante. Selon la tradition, on fait toujours sonner le ghanta selon une structure rythmique.
Le son du ghanta est fort et parfois perçant, et peut émettre des notes variées des graves aux aigus. Tout comme les bols, on peut le faire chanter avec le sens des aiguilles d’une montre ou l’inverse. Dans la tradition bouddhiste tibétaine, tout ce qui se déplace dans le sens des aiguilles d’une montre envoie/dirige l’énergie (des prières ou des bénédictions) à l’extérieur, alors que les mouvements dans le sens inverse rassemblent/recueillent l’énergie vers l’intérieur. Ces directions forment un principe fondamental que vous devez apprendre, vous l’utiliserez très souvent. Dans la guérison vibratoire, le ghanta est utilisé comme invocation à pratiquer, casser et disperser l’énergie agglomérée. Le ghanta, tel un laser, dissipe les énergies ténébreuses et bloquées. Le ghanta est utile pour travailler, entre autres, avec des états dépressifs, des tumeurs, des excroissances, des peurs…(…)
Tout comme les bols, les ghantas varient en taille et en qualité. Certains sont fondus dans de l’argent et d’autres possèdent un manche et un dorjé (foudre) recouvert d’une dorure.
La qualité artisanale de ces ghantas (le ghanta au manche doré étant légèrement supérieur en qualité) est d’un grand raffinement (en termes d’esthétique et de son) en comparaison aux ghantas plus ordinaires utilisés par les praticiens. Ces instruments sont fabriqués à la main, ils présentent parfois de petites irrégularités. »
« Nous menons la danse du Féminin et du Masculin sacrés qui vivent en vous. Nous semons les graines de la sagesse et de la compassion, véhiculant notre énergie à chaque niveau de votre corps, au travers de chacune de vos pensées, de vos mots et de vos actions. »
Ghanta et Dorjé (la cloche et le sceptre ou foudre)
Source : « Guérir avec l’énergie du son ». Introduction aux techniques de soin vibratoire et à la pratique des instruments tibétains ; Diane Mandle ; le Courrier du Livr, 2021