Laponie, peuple Sami

La Laponie s'invite chez HOZHO!

C'est avec beaucoup de joie que nous vous présentons ENFIN notre premier arrivage de Sámi Duodji, l'artisanat des Sami de Laponie, Sápmi, derniers peuples autochtones éleveurs de rennes d'Europe!
Dans un premier temps, aucun envoi ne sera offert pour ces articles, pour des raisons de quantité
restreinte de pièces et d'approvisionnement limité. 
La vente se fait uniquement en boutique.
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«  Nous formons un peuple réparti en quatre nations. (…) La plupart vivent en Norvège 35 000. En Suède, on en compte 17 000, en Finlande 5 000 et en Russie 2 000. Nous avons notre propre langue et culture. Nous appelons la région où nous habitons Sápmi ou Sameätnam. Cette région constitue notre territoire bien qu’il ne soit pas reconnu par les états nationaux. Depuis 1986, nous avons un drapeau sami commun.
   Dans la mythologie de mon peuple, il existe un mythe qui dit que le Soleil est le père des Samis alors que la Terre est, bien entendu, la mère. Nous sommes leurs descendants. Les premiers arrivants vivaient parmi les dieux. L’un d’entre eux était le dieu du vent, lequel apportait des vents froids, doux, chauds ou glacials. Nous étions aussi les enfants du dieu du vent. Sans sa bienveillance, nous étions perdus. Avec son aide, nous trouvions la proie, sans son aide, les rennes fuyaient. Nous adorions le Soleil, la Terre et tous les dieux. Nous inclinions la tête pour eux, leur offrions des sacrifices. Nous étions le peuple du Soleil et du Vent. » John E. Utsi
extrait de Saami, Peuple du Soleil et du Vent - à lire ci-dessous

Saami, Peuple du Soleil et du Vent...

Saami, Peuple du Soleil et du Vent...

« Nous sommes un petit peuple d’environ 70 000 Samis. Mais nous faisons partie des 300 millions de personnes qui appartiennent aux peuples autochtones du monde. Notre histoire est remplie d’abus de pouvoir et de méfaits commis par les étrangers qui sont venus sur notre territoire. Mais nous sommes toujours vivants. (…) Aujourd’hui, notre droit au territoire et à l’eau, que nous considérons comme les nôtres depuis des millénaires, est remis en question. Nous ne sommes pas nombreux et notre territoire est vaste. Nous n’avons pas de grandes revendications. Ce que nous voulons est d’avoir le droit de décider de nos vies, notre culture et notre territoire. » Inga-Maria Mulk

«  Nous formons un peuple réparti en quatre nations. (…) La plupart vivent en Norvège 35 000. En Suède, on en compte 17 000, en Finlande 5 000 et en Russie 2 000. Nous avons notre propre langue et culture. Nous appelons la région où nous habitons Sápmi ou Sameätnam. Cette région constitue notre territoire bien qu’il ne soit pas reconnu par les états nationaux. Depuis 1986, nous avons un drapeau sami commun.
   Dans la mythologie de mon peuple, il existe un mythe qui dit que le Soleil est le père des Samis alors que la Terre est, bien entendu, la mère. Nous sommes leurs descendants. Les premiers arrivants vivaient parmi les dieux. L’un d’entre eux était le dieu du vent, lequel apportait des vents froids, doux, chauds ou glacials. Nous étions aussi les enfants du dieu du vent. Sans sa bienveillance, nous étions perdus. Avec son aide, nous trouvions la proie, sans son aide, les rennes fuyaient. Nous adorions le Soleil, la Terre et tous les dieux. Nous inclinions la tête pour eux, leur offrions des sacrifices. Nous étions le peuple du Soleil et du Vent.
    Aujourd’hui, nous savons que le soleil est une étoile autour de laquelle la terre tourne. Rien de bien nouveau puisque mon peuple a toujours pensé que le soleil était au centre. Nous savons que les vents dépendent des hautes et des basses pressions dans l’atmosphère. Mais une science qui n’aide en rien l’éleveur de rennes lorsque les vents glacés apportent une année de disette pour ses rennes. Nous savons beaucoup sur la plupart des choses, et peu sur l’essentiel. Il reste peu de gens pour nous l’enseigner. Mon père n’a jamais su ce qu’était l’écologie. Il en faisait partie. Je sais ce qu’est l’écologie. Mais je n’en fais plus partie. Mais comme la plupart d’entre nous, j’ai gardé le contact avec la terre, la vision de la signification du sol et de l’eau. C’est ce que je tente d’enseigner à mes enfants. Plusieurs d’entre nous le faisons. Partout dans le monde, il y a des Samis comme moi. Qui comprennent le sens de notre histoire et le savoir transmis par nos ancêtres. Nous voulons ici le raconter même pour les autres peuples.  Nous sommes le peuple du Soleil et du Vent. » John E. Utsi*
*Source: Drum time : the drums and religion of the Sámi, Ajtte the Nordiska Museet, 1999 (anglais)

L’époque des tambours Goabdesájgge - chez les Saamis de Laponie

L’époque des tambours Goabdesájgge

Les tambours et leurs symboles, les gravures rupestres et le résultat de fouilles archéologiques sont autant de témoignages de notre ancienne religion samie. Les rapports rédigés par les prêtres au XIe siècle  et XVIe siècle et par les autorités qui confisquèrent et détruisirent les tambours sont d’importantes sources d’informations.
Selon le mythe de création de l’homme, chez les Samis, le dieu Máttaráhttje créa l’âme, qui fut transportée par les rayons du soleil jusqu’à la déesse Máttaráhkká, qui créa alors le corps humain.

Les lieux sacrés de Laponie : montagnes, vallées, rivières ou torrents, lieux d’enterrement et de sacrifice. Bien qu’ils appartiennent à d’anciennes croyances, nous savons encore aujourd’hui où ces lieux se trouvent et comment ils se nomment. C’est avec respect que nous nous en approchons ou bien les évitons.
Une pierre façonnée par le vent et la pluie, un tronc auquel des incisions au couteau ont donné un aspect particulier… C’est ainsi qu’un sejte prenait forme. Nous sacrifions une partie de nos prises devant le sejte, pour le succès des chasses et pêches futures.
L’ours est un animal si sacré dans la religion sami que nous ne l’appelons pas par son nom mais « Le Père de la forêt » ou « Le Grand ». D’après le mythe, l’ours avait une femme qui donna naissance à un fils. Les frères de la femme tuèrent l’ours, mais selon la légende, si les hommes montrent respect envers l’ours et suivent les instructions données par le mythe, la colère de l’ours de s’abattra pas sur eux et de nouveaux ours naîtront. Un lien qui doit continuellement être renouvelé par les rites et cérémonies, est établi entre les hommes et les animaux.
Chaque culture a ses rituels qui marquent le début et la fin des différentes phases de vie. Ils ont pour but d’aider les vivants et les morts à passer d’une phase à l’autre de façon harmonieuse. Rituels concernant la grossesse et la naissance, le baptême imposé par la christianisme, la cérémonie traditionnelle samie lors de laquelle on donne le nom à un enfant, la mort et enfin l’enterrement. Ces rituels avaient lieu dans les années 1700.
Le nåjde, c’est-à-dire le chaman, avait un rôle central dans la société traditionnelle sami. Il, parfois elle, était parfois guérisseur, juge et spécialiste religieux. Grâce à son tambour, il se faisait le médiateur entre les hommes et les dieux, transmettant leurs volontés et apportant réponse aux questions concernant l’avenir. Mais cette responsabilité n’était pas sans conséquences, puisque les situations de crise reposaient également sur le nåjde. Chaque nåjde portait une ceinture et y ajoutait ses objets : serres d’oiseaux, vertèbres de poisson, sacs en peaux remplis d’herbes médicinales, couteau, tasse en bois…
Les symboles sur les tambours illustrent les mondes physique et spirituel tels que le nåjde les interprète, c’est pourquoi chaque tambour est unique.

La rencontre entre l’ancienne religion samie et le christianisme.
Les rapports des autorités et les écrits laissés par les prêtres aux XVIIe et XVIIIe nous révèlent que des procès étaient tenus afin d’identifier et de juger ceux qui pratiquaient les anciens rites en dépit du sermon des prêtres au sujet du Dieu unique, des péchés et du feu de l’enfer. Le tambour était la preuve évidente de croyance en des pouvoirs maléfiques. Détruire les tambours était, d’après les autorités, un moyen efficace d’exterminer la religion des Samis.
Les représentations symboliques du monde dans l’ancienne religion ont laissé des traces sur les tambours, les peintures et les gravures rupestres. Les tambours originaires des régions du centre, du nord et de l’est sont décorés de manière à ce que la surface soit divisée en 3 ou 5 niveaux, couverts de symboles et de dessins. Ceci peut être compris comme une interprétation de l’univers divisé en 3, les dieux créateurs Máttaráhttje et Máttaráhkká en haut, les humains au centre et les morts au niveau inférieur. Sur les tambours du sud de la Laponie, on peut observer une croix, interprétée comme symbolisant le soleil. Cette crois est entourée de figures et signes symbolisant dieux, humains, ancêtres décédés et tout ce qui avait de l’importance au quotidien : le poisson, l’oiseau, le renne, l’ours et plus tard, le prêtre, l’église et le cheval.
Les anciens symboles religieux sont encore présents aujourd’hui, dans l’art et l’artisanat, ainsi que dans les discussions politiques et théologiques. De nos jours, nombreux sont ceux qui se tournent vers leurs racines pour répondre à de nouvelles interrogations.
Source: Drum time : the drums and religion of the Sámi, Ajtte the Nordiska Museet, 1999 (anglais)

Noajdde – celui qui sait - le chaman

Noajdde – celui qui sait

La figure centrale de la société était Noajdde, le chaman. Les gens s’adressaient à lui durant les crises de toutes sortes. Noajdde était le médiateur entre les dieux et le monde des hommes.

A l’aide du tambour, il pouvait parler aux dieux et interpréter leur volonté. Il pouvait leur demander des conseils ou de l’aide. Il pouvait savoir ce qu’ils exigeaient comme sacrifice ou présents. Il s’aidait d’esprits : un oiseau, un poisson, un serpent ou un renne mâle, sarves. Il pouvait aussi recevoir de l’aide des habitants du monde de Sájvva, ceux qui avaient vécu avant lui.

Les missionnaires chrétiens considéraient la relation de Noajdde avec les esprits aidants comme une cohabitation avec le diable. Les chamans étaient persécutés et leurs tambours étaient brûlés ou on les leur enlevait. Malgré la persécution, les Samis continuèrent à utiliser leurs tambours et à pratiquer leur religion jusqu’au 19e siècle, dans plusieurs cas, en parallèle avec le christianisme.

Avant l’introduction du christianisme, le tambour était la propriété de chaque famille. C’était un instrument qui permettait de voir dans l’avenir. Ses images formaient une carte du monde des hommes et de celui des dieux. Noajdde,  le chaman sami, utilisait le tambour pour entrer en transe lorsqu’il devait voyager dans les autres mondes ou pour entrer en contact avec les dieux. La figure centrale du tambour est le soleil. Autour de cet astre, l’environnement dans lequel les gens vivaient est représenté, avec les bêtes de proie et les lacs à poisson. Les dieux et les autres mondes y sont aussi reproduits. Aujourd’hui, on compte de par le monde seul environ 70 tambours samis préservés qui sont conservés dans des musées.
Source: Drum time : the drums and religion of the Sámi, Ajtte the Nordiska Museet, 1999 (anglais)

article: Le chamanisme Sami - d'hier à aujourd'hui...


Le chamanisme Sami, un enjeu politique moderne

par Aurélien Noyer/source: Motherboard
​Dans le Grand Nord, au-delà du cercle polaire, sur un territoire qui s'étend sur près de 390 000 km², traversant les frontières entre la Norvège, la Suède, la Finlande et la Russie, vivent les derniers chamans d'Europe. Leurs pratiques magiques...
Dans le Grand Nord, au-delà du cercle polaire, sur un territoire qui s'étend sur près de 390 000 km², traversant les frontières entre la Norvège, la Suède, la Finlande et la Russie, vivent les derniers chamans d'Europe. Leurs pratiques magiques subsistent désormais à travers les traditions du peuple Sami.
Si la majeure partie des 140 000 personnes que compte la population des Samis ont été converties au christianisme par des siècles de persécutions religieuses, leurs traditions séculaires se perpétuent encore, et retrouvent récemment de la valeur aux yeux des nouvelles générations. On peut se demander ce que représentent d'aussi vieilles légendes face aux mutations du monde moderne. Et pourtant.
Prenons une histoire comme celles qui ont été retranscrites par Annukka et Samuli Aikio dans leur recueil Girdinoaiddi Bárdni (que l'on peut traduire par "le fils du chaman volant") : un jour, un couple de Samis se transforme volontairement en ours, espérant par la même épargner un peu de travail à leur famille qui aura désormais deux bouches de moins à nourrir. Malheureusement, leurs fils trouvent leur tanière alors qu'ils sont sous leur forme animale, et massacrent leur père. Leur mère, quant à elle, parvient à redevenir humaine à temps, quoique l'un de ses pieds gardera l'apparence d'une patte d'ours.
À première vue, cette histoire ressemble à un simple conte, à une histoire pour enfants. Elle témoigne néanmoins de la culture dans laquelle elle est apparue de manière éloquente. Mais pour qu'elle prenne tout son sens, il faut non seulement la replacer dans le contexte de la religion traditionnelle des Samis, mais aussi au sein du mode de vie de ce peuple singulier, et de son rapport au monde.
Dans son article intitulé "Animism, personhood and the nature of reality: Sami perspective", l'anthropologue Elina Helander-Renvall s'attache à détailler les spécificités de la vision du monde des Samis. Si leur polythéisme, avec son panthéon de divinités, nous est un concept assez familier, le caractère profondément animiste de leur univers semble un peu plus déconcertant. Pour Helander-Renvall, le concept central de l'animisme des Samis est celui de personne ou d'individu (plus précisément, de personhood). Selon les Samis, les êtres humains, mais aussi les animaux, les esprits et même les lieux sont des personnes à part entière, des individus dotés d'une volonté propre. C'est dans ce sens que l'éleveur et écrivain Sami, Johan Turi, écrivait au début du XXe siècle :
Les terres sont magnifiques quand elles rient. Et quand les gens sont tristes, toutes les terres, toutes les pierres et les arbres pleurent avec eux.
Les Samis étant traditionnellement un peuple semi-nomade dont la principale ressource est l'élevage de rennes, on mesure aisément l'impact d'une telle croyance sur leur mode de vie. Si chaque élément du monde qui les entoure et qu'ils ne cessent d'arpenter est une personne, il convient d'adopter un comportement respectueux. Les terres où vivent les esprits doivent donc être constamment évitées. Certains endroits où les éleveurs et leurs troupeaux stationnent, les livvasadji, sont considérés comme sacrés et il est interdit d'y insulter un homme ou un renne. Les ours, considérés comme les animaux possédant l'âme la plus proche de l'âme humaine, sont l'objet de périphrases pour éviter d'utiliser le mot guovza (ours) qui le rappellerait trop sa nature animale. Au lieu de cela, les Samis peuvent parler de muodda-áddjá, littéralement "grand-père qui porte un manteau de fourrure" ou encore de "gibier sacré".
Pour les Samis, la possibilité de telles interactions ne signifie pas qu'un humain soit semblable à un animal, à un lieu ou à un esprit. Ces catégories demeurent, malgré tout, distinctes. Ainsi, en langue Sami, le terme "albma-olmmos" existe pour désigner un "véritable humain" alors que les animaux sont désignés par le terme "ealli" qui signifie simplement "vivant".
Néanmoins, ces distinctions peuvent être parfois atténuées par la nécessité, comme en témoigne le récit d'un chasseur rencontré par Helander-Renvall. Celui-ci lui a raconté que, tandis qu'il dormait sous sa tente, une nuit, un loup est soudain apparu et a dormi à ses côtés. Selon lui, ce dernier avait été chassé de sa meute et avait besoin de protection. Il se serait donc fait un peu plus "humain" afin d'assurer sa propre survie.
Si des échanges interspécifiques aussi étroits ne sont pas vraiment la norme, le quotidien des Samis est néanmoins conditionné par cette conviction selon laquelle les espèces peuvent coexister étroitement. Si les précautions de langage à propos du commun des animaux ne sont pas aussi rigoureuses que lorsqu'elles concernent les ours, de multiples subtilités linguistiques existent afin de rendre compte de la variété des contacts que les hommes peuvent avoir avec eux. Helander-Renvall explique ainsi que certains mots ou certaines descriptions ont tendance à rendre les loups plus agressifs et plus dangereux. De la même façon, il convient de parler à voix basse et d'utiliser des périphrases (comme "vouloir manger" plutôt "qu'abattre") pour évoquer ses intentions envers les rennes. Pour les Samis, ces précautions ont des conséquences extrêmement concrètes. Ainsi, un chasseur interviewé par les anthropologues Tero Mustonen et Tina Salin expliquait qu'il avait décidé de ne jamais rencontrer de loup, il était certain de ne jamais en croiser. Pas même lorsqu'il allait chasser dans des zones où ces derniers étaient extrêmement nombreux. "Je savais déjà que je n'aurais jamais besoin des balles. » explique-t-il. « C'était ma décision, il n'y aurait pas de loups en vue."
Cette citation illustre particulièrement bien le pragmatisme des Samis. En tant qu'occidentaux, nous sommes tentés d'intellectualiser notre rapport au monde, de faire de la nature un objet d'étude avant tout… Il serait tentant de supposer qu'il en est de même pour les Samis, de penser que leurs règles de vie découlent d'une vision du monde formalisée reposant sur des concepts définis a priori. À l'inverse, Elina Helander-Renvall insiste sur le fait que leurs règles sont issues d'une perception spontanée et immédiate du monde qui les entoure. Il n'y a pas chez eux de distinction entre nature et culture. La chercheuse note d'ailleurs que le mot "culture" n'existe pas en langue Sami et que le mot pour "nature" (luondu) désigne plutôt les aspects intérieurs de la nature (comme l'esprit des personnes non-humaines), et non un environnement physique.
L'anthropologue Timothy Ingold désigne cette approche par le terme "ontologie de l'habitation" : pour les Samis, être au monde, c'est être "dans le monde", dans une habitation commune avec les autres créatures qui le peuplent. Chaque geste de la vie quotidienne est alors conditionné par ce système où l'homme est à la fois observateur et créature observée. Tout événement peut alors être interprété comme une réaction des multiples habitants du monde à un acte qui l'a précédé.
 
Face à la complexité des rapports entre les Samis et les animaux, esprits et lieux, il arrive que la simple intuition ne suffise pas pour déterminer comment se comporter de manière adéquate face aux autres créatures. C'est là qu'intervient le noaidi, le chaman, dont la place est centrale dans la société Sami. Il est capable de communiquer clairement et directement avec les âmes des autres habitants, (animaux, lieux ou esprits). Dès lors, il peut comprendre le sens et les raisons des choses, et convaincre les esprits d'agir favorablement envers les humains.
Outre le chant traditionnel joik, c'est avant tout le tambour du chaman, le goavddis, qui occupe la plus grande place dans les rituels samis. En premier lieu, le rythme répétitif du tambour est censé aider le chaman à atteindre la transe lui permettant de communiquer avec les esprits. Et même si on considère l'hypothèse de l'historien des religions Rune Blix Hagen, pour qui les chamans samis n'avaient traditionnellement pas recours à la transe (celle-ci étant une interprétation des missionnaires recueillant les témoignages des chamans lors des procès en sorcellerie), il n'en reste pas moins que le rythme du tambour est essentiel à la cérémonie. Enfin, le tambour en tant qu'objet a une importance capitale.
De forme ovale, il est décoré de divers symboles, et possède un sens à la fois religieux et profane. Dans les rituels de divination, un petit objet (un bout de bois ou d'os taillé, parfois un anneau de laiton ou d'argent) est jeté sur la peau du tambour. Le chaman interprète ensuite la position de l'anneau relativement aux différents symboles.
La fonction la plus essentielle du tambour est de représenter à la fois une porte vers le monde des âmes, et une carte de celui-ci. On peut regrouper les tambours et les symboles qui les ornent en deux catégories distinctes. Dans la première, les décorations de la peau du tambour sont organisées suivant une logique héliocentrique autour de la figure central du dieu solaire, Paivo. Dans l'autre, ces décorations sont au contraire regroupées en trois parties bien distinctes. La première correspond aux Cieux et inclue les symboles représentant des aurores boréales, la voie lactée ou les divinités et esprits supérieurs. La deuxième représente le monde physique et les esprits qui le peuplent, en mettant en scène des figures liées à la chasse et à la pêche. Enfin, la troisième partie dépeint le monde souterrain, le Jabma-Aimo, où réside Rota, le dieu de la maladie et de la mort auquel le noaidi doit faire des sacrifices en cas de maladie. Autour du tambour, on trouve des figures évoquant la vie du peuple Sami tout au long du cycle immuable des saisons. Outre cette classification rigoureuse, chaque tambour est unique puisqu'il représente l'interprétation personnelle de son propriétaire, le chaman, de l'univers. En cela, il fait office de texte sacré et d'atlas mystique propre à chaque chaman. Grâce à lui, le chaman peut voyager dans le monde des morts pour retrouver les parts brisées ou perdues de l'âme d'un malade.
Pour comprendre pourquoi ces traditions retrouvent les faveurs des jeunes générations, il faut savoir que le renouveau de la pratique chamanique s'appuie sur une utilisation profane de tambours traditionnels. Ainsi, la chanteuse Sami norvégienne Mari Boine a mélangé le tambour et le chant Sami à des influences jazz et rock. Derrière ce retour aux traditions, se cache un double impératif historique et politique.
Premièrement, il s'agit de réparer les dommages produits par des siècles de persécutions contre le mode de vie Sami. Pendant le Moyen-Âge, les relations entre le peuple Sami et ses voisins, notamment suédois, étaient basés sur le commerce ; les Samis pouvaient non seulement offrir le produit de leur exploitation du minerai d'argent, mais également leur connaissance approfondie des territoires du grand Nord. Ce n'est qu'à partir du XVIe siècle, lorsque le roi de Suède Gustav Vasa décida d'asseoir son autorité sur le Nord et de taxer les populations, que les relations entre la Suède et le peuple Sami commencèrent à suivre une logique colonisatrice. Dès lors, les autorités suédoises vont encourager la transition économique du territoire vers l'agriculture. Les Samis souhaitant conserver leur mode de vie traditionnel, basé sur l'élevage de rennes, ils vont alors être considérés comme des obstacles au développement. En conséquence, des politiques racistes seront régulièrement mises en place tout des XVIII et XIXe siècles. Cette répression de l'identité samie s'inscrit en outre dans la continuité de persécutions religieuses et de procès pour sorcellerie instruits au cours du XVIIe siècle contre des chamans samis. Paradoxalement, ces mêmes procès ont permis de conserver des connaissances précieuses sur les traditions Sami, puisque les procureurs ont pris soin d'observer le chaman accusé lors de son rite et de noter toutes les variations de son comportement.
Deuxièmement, il s'agit d'utiliser la représentation occidentale des traditions chamaniques et des croyances animistes pour en faire des armes dans l'arène politique. Dans leur article « Mobilization of imaginaries to build Nordic Indigenous natures », les anthropologues Simon Maraud et Sylvain Guyot montrent que les Samis jouent sur l'imaginaire colonial et en particulier sur la figure du "sauvage en communion avec la nature" pour gagner une forme de légitimité en tant que protecteurs et responsables de l'environnement dans le Grand Nord. On a ainsi vu des manifestants samis, lors de la COP 21 à Paris, arborer des pancartes "we speak to Earth". Si les actions des samis ne se limitent bien sûr pas à ces initiatives, c'est en partie cette réappropriation de l'imaginaire colonial qui leur a permis d'être admis au conseil d'administration de l'UNESCO World Heritage Site of Laponia.
C'est là le plus grand exploit de la renaissance de la culture samie. Depuis 1968 et le succès du best-seller de Carlos Castaneda, L'Herbe du Diable et la Petite Fumée (paru en 1968 aux USA sous le titre The Teachings of Don Juan), la figure du chaman a été assimilée et digérée par la culture populaire occidentale au point d'être réduite à un agrégat de clichés vaguement new-age sur le rapport à la nature, l'utilisation de psychotropes, les rites initiatiques, etc. Cette vision du chaman, déjà entachée par les doutes sur la véracité des écrits de Castaneda (à commencer par l'existence même de Don Juan, le chaman censé avoir initié l'auteur) s'avère encore plus problématique lorsqu'elle contribue à gommer les différences entre les différentes cultures pour les regrouper sous la bannière d'un exotisme relevant d'un imaginaire colonial des plus surannés.
En profitant des stéréotypes que cet imaginaire véhicule tout en s'appuyant sur leurs traditions pour faire évoluer leur culture, les Samis ont finalement su retrouver une forme de souveraineté dont ils étaient privés depuis des siècles. On comprend alors très bien pourquoi des histoires en apparence innocentes d'humains transformés en ours peuvent prendre une telle importance. Pour citer un poème de 1994 de l'artiste et chaman Sami Nils-Aslak Valkeapää :
"Nous vivons ici génération après génération [...] quand ils viendront, ils trouveront cette terre, nous, et nous sommes les pierres, les plantes, les animaux, les poissons, l'eau, le vent, la Terre, le ciel…"
Source: 
https://motherboard.vice.com/fr/article/ae7eyk/le-chamanisme-sami-un-enjeu-politique-moderne

Le Tambour des Sami  Saemiej gievriej sami - Samiska truman suédois
Avant l’introduction du christianisme, le tambour était la propriété de chaque famille. C’était un instrument qui permettait de voir dans l’avenir. Ses images formaient une carte du monde des hommes et de celui des dieux. Noajdde,  le chaman sami, utilisait le tambour pour entrer en transe lorsqu’il devait voyager dans les autres mondes ou pour entrer en contact avec les dieux. La figure centrale du tambour est le soleil. Autour de cet astre, l’environnement dans lequel les gens vivaient est représenté, avec les bêtes de proie et les lacs à poisson. Les dieux et les autres mondes y sont aussi reproduits. (...)* voir au bas de page la signification des symboles 
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Tambours Sami du Sud  Saemiej gievriej sami - Sydsamiska truman suédois Rumpu finlandais
Tambours sur cadre sami du sud - Åarjel-saemien raamangievrie sami  
Cadre en bois de pin, peau de renne crue fumée, bois de renne
Mailloche ​bállin 
sami -trumhammare suédois  de bois (corne) et fourrure de renne
Pointeur en bois de renne.
Le pointeur vuorbi en sami du nord (ou bajá, árpa), en sami du sud viejhkie, se présentait sous forme d'un anneau de cuivre, d'une pièce de bois ou d'os de renne, ou encore en bois. Le pointeur était surtout utiliser lors de divination.
Provenance: Laponie finlandaise
Modèle 1: format l35 x h45 cm : 480.00
Modèle 2: format l43 x h49 cm : 550.00


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Pendentifs Tambours Sami  - Samiska trumman - Saemiej gievriej    Pièces uniques! 
mod.1: Bois de renne sculpté, gravé, appliqué sur un cabochon en bois de bouleau, sur cordon: 235.00
mod.2: Sun Drum - Bois de renne sculpté et gravé sur une face, sur cordon: 150.00
mod.3: Bois de renne sculpté, gravé, appliqué sur un cabochon en bois de bouleau, sur cordon: 195.00


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Pendentifs  Sami  Pièces uniques!  (arr. 11.2018)
mod.1: Anders W. Pokka, Couteau traditionnel sculpté dans bois de renne, sur cordon : 
mod.2: Tore Sunna, Flasque à sel sculpté dans bois de bouleau et inscrustation bois de renne:
​mod.3: Bo Unga, Tambour - en bois de renne sculpté, gravé, appliqué sur un cabochon en bois de bouleau, sur cordon:



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Pendentifs Tambours Sami - Samiska trumman - Saemiej gievriej 
mod.1: Bois de renne sculpté, gravé, appliqué sur un cabochon en bois de bouleau, sur cordon:  95.00
mod.2: Hans Sunna, Arosjokke​ Bois de renne sculpté, gravé sur cabochon de bois, sur cordon:   155.00


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Pendentifs Wildmark Sami   Pièces uniques! 
mod.1: Loup - VärgIvan Lovozero, Laponie russe, Bois de renne sculpté, sur cordon: 145.00
mod.2: Ours - Björn Ivan Lovozero, Laponie russe, Bois de renne sculpté, sur cordon: 125.00
mod.3: Rapace - Örn Ivan Lovozero, Laponie russe, Bois de renne sculpté, sur cordon: 135.00
mod.4: Renne  - Ren Gunnar Svonni, Krokvi​k, Bois de renne sculpté, sur cordon: 235.00


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Pendentifs Samiska tecken 
Artisan: Ivan Lovozero, Russie
Bois de renne gravé de symboles Sami*, avec cordon
Prix: 58.00


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Pendentifs Samiska tecken II
Bois de renne gravé de symboles Sami*, avec cordon
Prix: 38.00


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Pendentifs Samiska tecken III
Bois de renne gravé de symboles Sami*, avec cordon
Prix: 38.00


Pendentifs & Bracelets "Wildlife" - eal'li  animaux
Tranche de bois de renne pyrogravé, lacet de cuir de renne, perles et boutons en bois de renne
Loup
Gum'pe   Aigle Goaskin  Ours Guovža ou Muodda-'addjá grand-père à fourrure  Renne Boazu rangifer tarandus
Provenance: Laponie finlandaise
Prix: 38.00

image-9223682-Sami_bracelet_animaux_Finland.w640.jpg
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Bracelets traditionnels Sami du sud
Artisan : Eva Huuva, Kiruna
Matières: Cuir de renne, bois de renne, laçage traditionnel sami de fil d'étain tenn contenant 4% d'argent (sans nickel). Afin de préserver vos bracelets, il est conseillé d'éviter de les immerger  dans l'eau ou de se doucher avec. 
Couleurs de cuir assorties. Longueurs du bracelet variables. 
Prix: 75.00
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Collection Sápmi - Saami Lapland
Réalisés entièrement à la main dans un atelier d'artisans orfèvres en argent et étain en Laponie suèdoise, sur le Cercle arctique.
Les artisans s'inspirent naturellement de leur culture, de la nature environnante, des cycles saisonniers, et de la mythologie.
Argent estampé 925 et Etain tenn pour certaines pièces!  (métal pure et naturel extrait en Suède)
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Tambour Sami  en argent - recto et verso
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H 48mm avec chaînette 70cm 
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Tambour Sami  en étain - recto et verso
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H 40mm avec chaînette 70cm 
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Soleil sur tambour, argent
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Talisman Sami, Naissance, étain
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Soleil sur tambour, argent
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Varg le Loup, argent
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Nature Circle, argent lagoède, élan, loup et ours
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Glösa älg l'Elan, argent
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Noiden  le Chamane, argent
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Ren le Renne, argent
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Björn, l'Ours, argent
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Midnight Sun La Lumière, argent
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Arctic Moon Cycle lunaire, argent
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Sáráhkká Déesse Mère, argent
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Sun Drum Bague, argent
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Orm Le Serpent Bague, argent
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Orm Le Serpent Bague, argent
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Sun Drum Boucles d'oreille, argent
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Orm Le Serpent Boucle, argent
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Midnight Sun Boucle, argent
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Tambour  Boucles d'oreille, étain
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Tambour  Boucles, argent
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Queue de Baleine Chance argent
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JOIK, chant traditionnel du peuple saami
"Le juoigos, orthographié ici jojk dans sa forme scandinave est un chant d'origine religieuse et magique. Selon les régions, la mélodie vuolle est associée à un texte luotti plus ou moins long, répété plusieurs fois et qui s'arrête brusquement. Par son intermédiaire et par le rythme souvent évocateur de son objet qui jouait sur la respiration, on entrait par l'extase en communication avec les esprits. De nos jours, le jojk s'est laïcisé au point que chaque Sâme possède sa propre mélodie sur laquelle il improvise l'expression de ses sentiments présents, un chien, une amie, un incident de migration, selon son humeur." Source: Anta, Andreas Labba, éd. Plon

Assortiment variable de CD de joik et littérature sur les Sami :
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Entre joik traditionnel et joik contemporain...

Reportage RTS: Les Sami, fils du soleil, 7.16min, 2012
Un des derniers peuples autochtones d'Europe vit en Laponie depuis 10'000 ans. Christianisés au XVIIe siècle, les Sami luttent aujourd'hui pour conserver leur mode de vie, leur culture et leurs croyances.

Lectures recommandées:
- Mythologie des Lapons; Juha Pentikäinen; éd. Imago - disponible en boutique
- Anta. Mémoire d'un Lapon, Andrea Labba; éd. Terre Humaine/Plon
- Récit de la vie des Lapons; Johan Turi, éd. L'Harmattan
- Parlons Lapon. Les Sames. Langue et culture; Jocelyne Fernandez, éd. L'Harmattan
- Chez les Lapons: Moeurs, coutumes et légendes de la Laponie norvégienne; Remy de Gourmont, éd. Hachette/BNF
Les Saamis, peuple du Soleil et du Vent, Ajtte the Nordiska Museet, 1993
disponible en boutique
- Drum time : the drums and religion of the Sámi, Ajtte the Nordiska Museet, 1999 (anglais)
   (L’époque des tambours : les tambours et la religion des Sámi)

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​- Les Samis, derniers éleveurs de rennes, de M. Rosefeldt, J. Demmer, 43min, 2015 film >>>
Laponie norvégienne, la magie du chant, de Pierre Brouwers, 52min, 2011 film >>>